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21 septembre 2026 · 9 min de lecture

Comment obtenir un article de presse pour son restaurant

Le Fooding, Time Out, Le Bonbon, Sortiraparis, la presse locale : ce que les journalistes attendent vraiment, ce qu’il faut leur envoyer, et les erreurs qui envoient votre mail à la corbeille.

Comment obtenir un article de presse pour son restaurant — Agence Claudine

« On a ouvert il y a trois mois, on est complets le week-end, et personne n’en parle. » La presse ne vient pas toute seule, même quand la cuisine est bonne : les rédactions reçoivent des dizaines de propositions par jour et n’en gardent que celles qui leur donnent quelque chose à écrire. Voici comment passer de l’autre côté.

Ce qu’un journaliste cherche, et ce qu’il ignore

Un journaliste food ne cherche pas « un bon restaurant », il en connaît cent. Il cherche un sujet : une ouverture dans un quartier qui bouge, un chef qui arrive avec un parcours, un plat qu’on ne trouve nulle part ailleurs, une reprise familiale, une terrasse cachée, un prix qui défie le quartier. Autrement dit, une raison d’écrire aujourd’hui plutôt que dans six mois.

Ce qu’il ignore : le mail qui commence par « nous serions ravis de vous accueillir », la liste des plats sans histoire, les photos floues prises au téléphone, et les relances tous les deux jours. Il ignore aussi, poliment, les demandes de « rencontre » sans sujet : son temps est compté, il ne vient pas pour prendre un café.

Trouver son angle : les six sujets qui marchent

L’ouverture, à condition de l’annoncer avant, pas après. Le chef ou le patron, quand il a une histoire, un ancien de telle maison, une reconversion, une famille. Le plat signature, filmable et racontable, celui qu’on vient chercher exprès. La saison, une nouvelle carte, une terrasse, un brunch, un menu de fêtes. La distinction, un label, un concours gagné, une désignation par un guide. Et le quartier : les rédactions parisiennes adorent les papiers « où manger à » et cherchent des adresses par arrondissement.

Un seul angle par envoi. Le mail qui propose tout à la fois ne propose rien.

Le dossier de presse : court, vrai, prêt à publier

Quatre pages suffisent. Une page pour l’histoire, qui, où, depuis quand, pourquoi. Une page pour la cuisine et le chef, avec trois plats décrits en deux lignes chacun. Une page pour les informations pratiques, adresse, horaires, prix moyens, réservation, contact. Une page de visuels. Et surtout, un lien vers un dossier de photos en haute définition, libres d’usage pour la presse, avec la salle, les plats et les gens : un journaliste qui doit réclamer des photos passe à l’adresse suivante.

Écrivez au présent, sans superlatifs, avec des faits. « Le meilleur bistrot du 11e » ne veut rien dire ; « un bistrot de 32 couverts, une carte de dix plats qui change chaque semaine, un chef passé par telle maison » donne à écrire.

Le bon moment et le bon contact

Pour une ouverture, écrivez six à huit semaines avant, puis rappelez-vous à eux dix jours avant avec la date confirmée. Pour une nouvelle carte ou un événement, trois semaines. Les magazines mensuels bouclent deux mois à l’avance ; les sites, quelques jours ; la presse locale, une semaine.

Écrivez à la personne qui couvre votre sujet, pas à la rédaction en général. Un journaliste qui a signé un article sur un restaurant de votre quartier le mois dernier est votre meilleur contact. Vérifiez qu’il est encore en poste : les rubriques changent, et écrire à quelqu’un parti depuis deux ans brûle le contact.

Le mail qui obtient une réponse

Huit lignes. L’objet dit le sujet et le lieu : « Ouverture le 12 octobre : une brasserie de 60 couverts rue X, Paris 2e ». Le premier paragraphe donne l’angle en deux phrases. Le deuxième, trois faits vérifiables. Le troisième, l’invitation, avec des dates, et le lien vers le dossier et les photos. Signature avec un téléphone qui décroche. Aucune pièce jointe lourde, aucun « n’hésitez pas », aucune flatterie.

Une relance, une seule, une semaine plus tard, courte, avec un élément nouveau si possible. Puis on passe à un autre titre.

Ce qu’il ne faut jamais faire

Payer pour un article présenté comme un vrai article : les lecteurs le voient, et les journalistes aussi. Afficher une distinction qu’on n’a pas reçue, ou un « meilleur cordon bleu de Paris » sans dire qui l’a décerné : c’est une pratique commerciale trompeuse, sanctionnable, et cela détruit la crédibilité que tout le reste construit. Inviter vingt créateurs le même soir en leur demandant de poster : ça se voit, et ça ne remplit pas une salle. Et harceler une rédaction : un non aujourd’hui peut devenir un oui dans six mois, à condition de ne pas avoir épuisé la patience de la personne en face.

Quand déléguer à un bureau de presse

Vous pouvez tout faire vous-même, et beaucoup de restaurateurs obtiennent leur premier article ainsi. Le plafond arrive vite : trouver l’angle, écrire le dossier, faire les photos, tenir un carnet à jour, relancer au bon moment, coordonner une ouverture sur trois semaines. C’est un métier, et c’est celui d’un bureau de presse spécialisé restauration, qui apporte aussi le studio pour les visuels et la connaissance des rédactions parisiennes.

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Questions fréquentes

Combien coûte un article de presse pour un restaurant ?+

Un vrai article ne s’achète pas : il s’obtient avec un sujet et un bon dossier. Ce qui a un prix, c’est le travail de relations presse, en interne ou via un bureau de presse. Les « articles » payants marqués partenariat existent, mais ils ne sont pas lus comme de la presse.

Faut-il inviter les journalistes à dîner ?+

Une visite est souvent le déclencheur d’une parution, mais on n’invite pas « pour se rencontrer » : on invite pour découvrir un sujet précis, une nouvelle carte, un chef, une ouverture, à une date proposée. Beaucoup de journalistes préfèrent venir de façon anonyme et payer : laissez-les faire.

Combien de temps avant une première parution ?+

Comptez plusieurs semaines entre le premier envoi et une parution, et six à huit semaines de préparation pour une ouverture. Certains titres ne publient qu’après une visite. Personne ne peut garantir un média en particulier.

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